Un laïc musulman agressé en plein Paris

Posté par Endy le 17 juin 2008

Mohamed Sifaoui, journaliste algérien, menacé par les islamistes et par le pouvoir militaire d’Algérie, est réfugié politique en France depuis 1999. Il a réalisé plusieurs enquêtes et reportages sur des sujets liés au terrorisme et à l’islamisme. Son enquête la plus remarquée fut Mes frères assassins, une infiltration dans une cellule terroriste à Paris, ce qui lui a valu plusieurs menaces de mort. Depuis il vit sous la protection des renseignements généraux.
Cette protection, l’Etat français a cru bon de lui enlever dernièrement et ce qui devait arriver arriva :

C’était prévisible : J’ai été ce vendredi 13 juin victime d’une violente agression dans le 11e arrondissement de Paris. La haine, l’intolérance et la bêtise, je le savais, circulent librement dans les rues de l’Hexagone. Ce sont les écrivains, les journalistes, les femmes et les hommes qui vomissent l’intégrisme qui doivent faire profil bas. Ceux-là doivent raser les murs, s’excuser presque d’oser penser ce qu’ils pensent, ceux-là doivent courber l’échine devant l’infâme, s’interdire des territoires, éviter des quartiers, fermer leurs volets quand ils regagnent leur domicile. Ceux-là doivent se faire tout petits, ils ne doivent pas exister, ils peuvent même mourir.

Un temps, j’ai refusé de tomber dans ce piège. Pensant qu’on pouvait défier l’islamisme et titiller les assassins et les tueurs abreuvés à l’idéologie islamo-fascistes. Attablé à la terrasse d’un café entrain de m’entretenir avec un ami avec lequel j’avais rendez-vous, je fus pris à partie d’abord verbalement, ensuite physiquement, et, naturellement, par surprise, par un fanatique, frère de deux membres du GSPC algérien dont l’un purge une peine de prison en France pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Je suis certainement fautif. J’avais oublié qu’il ne fallait surtout pas accepter à rendez-vous au 133 rue Oberkampf dans le 11e arrondissement de la capitale. C’était à deux pas de la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud, celle-là même qui abrite les fanatiques de tous poils depuis déjà une vingtaine d’années. Celle-là même qui avait été fréquenté par Ali Saleh le tueur intégriste des années 1980, celle-là même qui accueillera les émules du GIA dans les années 1990, celle-là qui laissera se propager, dans son sein, l’idéologie de Ben Laden dans les années 2000 et celle-là même, enfin, qui a fait l’objet, entre 2002 et 2003, d’une de mes enquêtes sur des membres du GSPC algérien, rebaptisé depuis Al-Qaida au pays du Maghreb islamique.

Outre la question de sa protection, le mystère du « qui » et du « pourquoi » de son agression fut vite résolu, puisque dès le lendemain :

A la suite de l’agression dont j’ai été victime le 13 juin dernier, j’ai décidé de porter plainte auprès du commissariat du 11e arrondissement pour violences volontaires, injures et. menaces de mort. Le Parquet antiterroriste a alors chargé, la Brigade criminelle de poursuivre l’enquête. Hier, samedi 14 juin, mon agresseur a été formellement identifié sur photos aussi bien par le témoin de l’agression que par moi même lors de nos auditions dans les locaux de la section antiterroriste rattachée à la Brigade criminelle.
Afin de laisser la justice faire son travail sereinement, je ne donnerai pas l’identité de l’agresseur mais je dirais simplement qu’il s’agit du frère de deux islamistes notoirement connus par les services français. L’un d’eux purge une peine de prison en France pour activités terroristes et le second, un activiste du GSPC, a été expulsé vers l’Algérie.
J’ai expliqué aux enquêteurs sur Procès Verbal que je comptais faire aboutir cette affaire devant les tribunaux afin que ce genre d’individus soient punis dans le cadre des lois de la République. En somme, je ne lâcherai pas l’affaire comme je ne cesserai de dénoncer les tenants de la haine et de l’obscurantisme, les derviche-tourneurs de l’islam et les fanatiques de tous poils tant dans mes travaux journalistiques que dans mon engagement de citoyen.
Etant donné que la politique du gouvernement actuel vise à mettre la victime au centre des décisions judiciaires (dixit Rachida Dati et Nicolas Sarkozy), je compte bien faire valoir mes droits de victime de l’infâmie.
Par ailleurs, j’ai demandé à mon avocat de saisir officiellement, dès le 16 juin, le Ministère de l’Intérieur afin que ma protection soit assurée d’une manière ou d’une autre. Si l’Etat ne veut pas assumer ses responsabilités, ce sera une autre question.

Je souhaite vivement que cette agression soit la dernière et que toutes les personnes qui crient à « l’islamophobie » ou au « racisme » à la moindre critique de l’islam trouvent ici un exemple édifiant de ce qu’est la virulence des islamistes. Je le répète encore une fois dans la critique de l’islam il n’y a rien de raciste (les musulmans sont, comme les chrétiens, de toutes ethnies) et l’islamophobie un terme inventé par la théocratie iranienne qui n’a aucun pied dans la réalité si ce n’est la volonté de couper l’herbe sous le pied à toute critique. Monsieur Sifaoui ne peut être accusé comme Redeker des mêmes maux de part son origine. Mais qu’à cela ne tienne ! Je n’ai pas vu une ligne concernant cette agression dans la presse (et du coup je classe cet article dans « Auto-censure »).
La légèreté avec laquelle l’Etat traite un réfugié est tout aussi édifiant : Les remous suscités par l’affaire du mariage annulé et l’absence de réponse à tous les problèmes provoqués par la politisation de l’islam en France sont symptomatiques d’un pays voire d’un continent qui n’ose faire valoir ses droits face à l’obscurantisme.

Soutenons Mohamed Sifaoui : http://www.mohamed-sifaoui.com

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